Nos portraits
Les exploits d'un éclaireur, à la guerre et dans la paix : Nikolai Nikolaevitch Saksonov
Résumé français de Tyazhelaya Atletika. Ezhegodnik 1983 (Moscou : Fizkultura i Sport, 1983), p. 74–76 : le texte est une paraphrase, non une traduction ; les illustrations sont les images originales.
Hommage rendu à Saksonov pour son 60e anniversaire (1983), qui s'ouvre sur une épigraphe d'Arkadi Vorobiov.
La guerre (1941–45)
- Mobilisé à l'automne 1941, à 18 ans ; école d'infanterie, puis le front près de Moscou dans la reconnaissance à cheval, avec des missions presque chaque nuit derrière les lignes allemandes.
- Blessé quatre fois — balles explosives à l'avant-bras droit puis au gauche, blessure au tibia, et une mine antipersonnel soviétique qui a fait voler son fusil en éclats — il est chaque fois retourné au front, jusqu'à la fin de la guerre.
- Été 1943 : lors d'une reconnaissance en force, il ramène seul un prisonnier allemand ; il reçoit l'ordre de l'Étoile rouge. Il est titulaire de nombreux autres ordres et médailles de guerre.
La carrière sportive
- Démobilisé à 23 ans ; à Sverdlovsk, ajusteur en usine et étudiant du soir dans une école de culture physique.
- Février 1946 : sur le conseil de Boris Nazarov (Lokomotiv), il commence à s'entraîner sous la direction d'Ivan Lebedev, dit "oncle Vania", le vieux "professeur d'athlétisme".
- Trois ans plus tard : champion de la Fédération de Russie, équipe nationale. Février 1949 : arraché à 105.5 kg chez les poids plumes, un record du monde (il bat Fayad, Égypte) mais 3 kg en dessous du record de toute l'Union de Gueorgui Popov ; il ira ensuite s'instruire auprès de Popov.
- Premier haltérophile de l'après-guerre à remplacer la fente "en ciseaux" par la réception en flexion, pieds écartés sur les côtés, empruntée à Popov puis perfectionnée.
- Son rival : Rafael Tchimichkian (Tbilissi), poids plume à partir de 1950. Jeux olympiques d'Helsinki 1952 : or pour Tchimichkian, argent pour Saksonov (140 kg manqués au-dessus de la tête).
- 1953 à Stockholm, premier titre mondial par équipes de l'URSS : champion du monde et d'Europe à 30 ans. 1954 à Vienne : remplaçant dans l'équipe.
- Hiver 1958, à 35 ans : dixième et dernier record du monde — jeté à 154.0 kg chez les poids légers, à Volgograd, 0.5 kg au-dessus du record vieux de 20 ans de Shams (Égypte), que Ivanov, Nikolai Kostylev, Viktor Bouchouev et le champion olympique de Melbourne Igor Rybak n'avaient jamais battu.
- Début des années 1970 : il concourt encore à Moscou passé la cinquantaine, notamment face à son fils Alexeï, Maître des sports.
Médecine et enseignement
- 1958 : diplôme de médecin. Installé à Volgograd, il dirige une chaire à l'institut de culture physique, puis la quitte pour exercer comme médecin de campagne.
- 4 avril 1969 : candidat ès sciences médicales (institut de médecine d'Ivanovo), thèse sur la dépense énergétique des haltérophiles au repos, à l'entraînement et en moyenne altitude ; rapporteur principal le professeur S. S. Serebriannikov.
- Invité par Vorobiov, alors à la tête de la chaire d'haltérophilie du GTsOLIFK (Institut central d'État de culture physique, Moscou) ; il y enseigne depuis plus de 15 ans.